Assaf Shosan – Chambre Sam Art Projects

Pour le salon Camera Camera, Sandra Hegedüs, fondatrice de SAM Art Projects, à souhaité offrir une carte blanche à l’artiste Assaf Shoshan. Fondée en 2009 par Sandra Hegedüs, SAM Art Projects est une organisation à but non lucratif qui favorise les échanges artistiques entre le Nord et le Sud, entre l’Est et l’Ouest. SAM Art Projects apporte un soutien financier et humain à des artistes contemporains. Son action s’articule autour d’un prix décerné chaque année à un artiste français et de résidences d’artistes étrangers à Paris. Ces deux axes donnent lieu à des expositions régulières au Palais de Tokyo, à Paris.

Ce projet de philanthropie privée a pour vocation d’aider, de promouvoir et de défendre à la fois le travail d’artistes contemporains venus de pays non-occidentaux et le travail d’artistes français souhaitant réaliser un projet artistique dans un pays étranger (hors Europe et Amérique du Nord).

En créant des passerelles et en développant les échanges artistiques entre le Nord et le Sud, entre l’Est et l’Ouest, SAM Art Projects favorise l’émergence et la mise en lumière de jeunes artistes issus de pays situés hors des grands centres du marché de l’art international. SAM Art Projects place Paris au centre de son action et renoue ainsi avec la France, terre d’accueil pour les artistes venus du monde entier et pôle de création internationale.

http://www.samartprojects.org/

 

Assaf Shoshan

Peines Partagées, 2014

Le projet Peines Partagées est né des rencontres avec des conjointes de détenues, ces femmes qui se disent elles-mêmes “enfermées dehors”, condamnées à une peine qui  n’est pas tant de prison que d’attente. Le paradoxe de cette situation a poussé Shoshan à proposer de jouer les intermédiaires d’une façon inédite – en proposant à chaque membre du couple, des deux côtés des murs de la prison de Rebibbia, d’envoyer un message filmé à l’autre. Le photographe se fait ainsi le messager de portraits filmés, muets, destinés aux conjoints, leur offrant l’opportunité de communiquer par ce biais des choses indicibles, enfouies des émotions trop complexes ou douloureuses pour s’exprimer autrement. Toute la richesse de ces sentiments parfois contradictoires, affleure dans ces portraits sans paroles.

Le regard du spectateur entérine la séparation des amants en même temps qu’il les réunit : en guise du “parloir”, le lieu du couple désormais est l’œuvre. “A une tradition du portrait qui voudrait saisir ce que le modèle serait supposé cacher, Assaf Shoshan substitue ici une manière de faire portrait qui accepte d’emblée que l’enveloppe physique en laisse rien percevoir d’autre qu’une attente et une absence, une orientation vers une autre qui n’est pas présent et que rien ne vient remplacer, sinon l’intensité de l’attente. Ecrit par Eric de Chassey pour l’expositon « Peines Partagées », Villa Medicis, Rome, 2013.