Bertrand Gadenne développe un travail dans lequel la vidéo invite le spectateur à retrouver soit dans un lieu d’exposition, soit au détour d’une rue, un émerveillement depuis longtemps oublié : celui de la matérialisation d’une image projetée. En concevant des dispositifs lumineux insolites et spécifiques à chacun des éléments naturels (végétal, minéral, animal, etc) dont il suscite l’apparition, il crée des situations empreintes d’un caractère magique et propices à une méditation sur les liens à la fois techniques et poétiques que son œuvre tisse entre « la nature des choses » et le fragile miracle de leur visibilité. La simplicité apparente de ces images survenant telles de véritables apparitions, entre rêve éveillé et matérialisation de l’insolite, images synoptiques et luminescentes, constitue une proposition radicale et passionnante.

« L’écrevisse » 2016
Boucle de 5 mn
Prévu pour projection de 50 cm de large au sol en bas d’un mur
Cette œuvre se définit déjà par son rapport à l’architecture du lieu où elle est projetée. Bertrand Gadenne projette cette vidéo au ras du sol encrant cet élément virtuel au monde réel l’écrevisse semblant ainsi posée sur le même sol que le spectateur. Cette œuvre a plusieurs niveau de lecture, au premier regard on peut trouver cette scénette incongrue assez drôle mais on assiste en fait à une scène dramatique, l’animal est en danger, s’il ne se retourne pas il meurt. C’est une bataille pour sa survie. Cette œuvre entre alors en résonance avec ce que nous vivons à l’échelle de la planète, c’est une métaphore de l’environnement et du risque de disparition prématurée des espèces vivantes.

.« Hibou », 2005
Projection, boucle

 

Cette œuvre interroge notre rapport à l’animalité. La particularité de ces vidéos réside essentiellement dans le rapport d’échelle. Habituellement gigantesque, cette projection inverse les rapport dominés – dominant de entre l’homme et le règne animal. Pour Camera Camera, le hibou sera à débusquer dans la chambre de Claire Gastaud

2016
Boucle de 20 mn

Bertrand Gadenne a filmé des poissons rouges à la surface de l’eau. Quand ses poissons rouges rejoignent la surface, ils brouillent ses reflets et chassent l’image des arbres et de la végétation qui se reflètent. L’eau réfléchit le monde environnant, créant un effet hypnotique sur le spectateur.